Un Français sur deux manque de désir dans son couple, selon un sondage Ifop sur « la sexualité dans le couple » révèle que 49% des Français ont un problème sexuel lié au manque de désir sexuel et 76% reconnaissent que les pannes sexuelles nuisent à leur vie de couple …

49% des Français confrontés à l’absence de désir dans leur couple

Un sondage Ifop pour l’Institut Lilly sur « la sexualité dans le couple » révèle que 49% des Français ont déjà rencontré un problème sexuel lié au manque de désir sexuel, et 76% d’entre eux reconnaissent que les pannes sexuelles nuisent à leur vie de couple. Une précédente étude avait montré que la sexualité est une chose importante dans la vie de 82% des Françaises et que les petites marques d’attention quotidiennes pourraient apporter le plus de plaisir à 55% d’entre elles. Ces deux études montrent que la sexualité des Français est loin de ce qui est véhiculé dans les médias. Un quart des femmes (26%) aimeraient faire l’amour plus souvent mais elles sont loin du compte.

La nouvelle enquête Ifop « Les Français et la sexualité dans le couple » rapporte que 49% des Français ont déjà rencontré un problème sexuel lié au manque de désir sexuel dans leur couple, et 24% d’entre eux ont déjà prétexté une fausse excuse pour éviter un rapport sexuel avec leur conjoint, dont 15% des hommes et 33% des femmes. La fatigue est l’excuse avancée par 45% des Français pour éviter une relation sexuelle avec leur conjoint. La proximité des enfants est la deuxième raison (35%) et les préoccupations ( stress ) liées au travail ou à l’argent arrivent en troisième position (33%). Le mal de tête est un prétexte invoqué par 28% des personnes. Les principales causes du manque de désir sexuel seraient la fatigue (67%) et le stress (57%), selon ce sondage réalisé sur un échantillon de 1035 Français du 16 au 18 juin 2010.

Les Français et la sexualité dans le couple : les chiffres-clés

Sondage Ifop pour l’Institut Lilly, « Les Français et la sexualité dans le couple », les chiffres-clés :

  • 49% des personnes ont déjà rencontré un problème sexuel lié au manque de désir dans le couple
  • 24% ont déjà prétexté une fausse excuse pour éviter un rapport sexuel, dont 33% des femmes et 15% des hommes
  • La fatigue (45%), la proximité des enfants (35%), les préoccupations liées au travail ou à l’argent (33%) et le mal de tête (28%) sont les prétextes les plus souvent invoqués.
  • Fatigue (67%) et stress (57%) sont considérés comme les principales causes du manque de désir.
  • 76% des Français pensent que les pannes sexuelles nuisent à leur vie de couple.

Sondage réalisé du 16 au 18 juin 2010 sur un échantillon de 1035 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus; les interviews ont eu lieu par questionnaire auto-administré en ligne.

Une campagne d’information va être lancée pour inciter les Français à en parler

Les problèmes sexuels concernent un Français sur deux, selon ce sondage Ifop. Une campagne d’information va être lancée pour inciter les gens à en parler. Fatigue, proximité des enfants, stress, maux de tête… Près d’un Français sur 4 aurait déjà inventé une excuse pour masquer un problème sexuel ou éviter un rapport avec son partenaire. Plus inquiétant, 76 % des Français estiment que les pannes sexuelles nuisent à leur vie de couple. Pourtant, passer le pas pour consulter un spécialiste reste encore une démarche difficile. « J’ai parfois des femmes qui viennent seules en consultation pour me parler des problèmes de leur mari. Elles me disent : “Je suis venue en éclaireur, mon mari voudrait savoir s’il existe des solutions qui marchent… mais autre que de vous et sans parler pendant deux heures !” », plaisante le Dr Sylvain Mimoun, gynécologue-andrologue à l’hôpital Cochin à Paris.

Évidemment, des solutions, il en existe. C’est pourquoi l’Institut Lilly, en partenariat avec plusieurs associations de sexologie et d’urologie, lance à partir du 20 septembre une vaste campagne nationale d’information. Durant douze jours, un camion va sillonner sept grandes villes de France, avec à son bord des professionnels de santé. Le grand public pourra venir poser ses questions gratuitement et anonymement. « Malgré la levée des tabous de façon générale, les problèmes sexuels restent difficiles à aborder de façon concrète. C’est pourquoi nous allons à la rencontre des gens », explique le Dr Antoine Lemaire, sexologue à Lille à l’origine du projet.

Quand l’homme a des problèmes d’érection, il devient désagréable et agressif

Car l’absence de sexualité dans un couple, lorsqu’elle n’est pas voulue ou choisie par les deux partenaires, peut créer de véritables problèmes de fond, comme l’explique le Dr Mimoun. « La femme ne se sent plus désirable. Quant à l’homme, quand il a des problèmes d’érection, il ne se sent plus “homme” et se renferme, devient désagréable et agressif. L’ennui, c’est que lorsque les pannes sexuelles se répètent, le corps s’y habitue et intègre cela comme une réaction normale. C’est comme un gréviste de la faim qui ne ressent plus la faim après quelques jours. Dans ce cas, il suffit parfois de provoquer l’érection avec des médicaments par exemple, pour réhabituer le corps. »

Quant à la disparition du désir, selon les experts, elle n’est pas une fatalité. Or, toujours selon le sondage, un Français sur deux a déjà rencontré un problème sexuel lié au manque de désir dans le couple. « Il faut dédramatiser les soucis au lit, mais il ne faut pas non plus les ignorer, explique le Dr Mimoun. Il est normal de ne pas toujours être au top niveau, d’avoir parfois moins envie. En revanche, quand l’absence de désir s’installe, il faut réagir. Soit en consultant un praticien, soit en re-dynamisant le couple par de la gentillesse et des petites attentions. Le désir peut revenir même quand on ne s’y attend plus. »

Des facteurs psychologiques ou physiologiques, lesquels sont prépondérants pour expliquer les pannes sexuelles ?

Les deux sont toujours mêlés, on ne peut absolument pas les dissocier. Les hommes ont hélas trop souvent tendance à se réfugier derrière des causes organiques. En se disant qu’ils ont une maladie, ils imaginent qu’il suffit de la traiter pour que tout s’arrange. Or, un problème physiologique comporte toujours une part psychologique. La mémoire du corps d’une personne confrontée à des pannes à répétition s’auto-entretiendra vers ce qui ne marche pas. Il faut réhabituer son corps à mieux fonctionner.

Les jeunes ont-ils un rapport moins complexé à la sexualité ?

Je crois que les filles ont beaucoup changé : à tort ou à raison, les garçons se sentent désormais obligés d’être en permanence performant. Bien que les troubles de l’érection se soient « démocratisés », notamment dans le discours des médias, les jeunes hommes ont encore du mal à affronter le problème.

J’ai récemment croisé un patient de 19 ans très à l’aise lors de ses aventures d’un soir mais totalement bloqué avec son amoureuse. Véritablement stressé par l’enjeu de sa relation, il perdait ses moyens avant chaque passage à l’acte. Les garçons sont sans doute aujourd’hui plus complexés par la nouvelle assurance des femmes.